Souffrir
- solalie
- 13 nov.
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Quand tu souffres, accepte que tu souffres.
Ne souffre pas, en plus, de souffrir.
Ne t'accuse pas, ne t'accable pas. Laisse-toi souffrir tranquille.
N'ajoute rien à ta souffrance : ni impatience, ni reproche, ni agacement, ni honte.
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Aménage les lieux et les temps pour faire une place à ta souffrance
Et te permettre de souffrir, autant que possible, doucement.
Sérieusement, sereinement.
Ne crains pas d'avoir mal.
Garde sous la main quelques remèdes, si la douleur devenait trop vive.
Prépare, aménage, sécurise,
Puis livre-toi. _________
Certaines douleurs t'enseignent ta limite.
Certaines, sourdes, annoncent une croissance.
D'autres, vives, te hurlent qu'il est grand temps.
Elles t'obligent à revenir à toi toutes affaires cessantes, comme un rappel à l'ordre brutal qui ne veut pas qu'on l'ignore ou qu'on la fasse taire cette fois.
Honore ta souffrance, encourage-toi, comme on encourage la femme en travail à l'approche de la délivrance.
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Souffrir n'est jamais inutile.
La souffrance est un feu.
Des déchets s'y consument, des poisons s'y calcinent.
Des formes s'y purifient.
Tandis que tu fermes les yeux, que tu ne vois plus rien et que tu endures
Seul, crois-tu, dans le noir,
Les anges gardiens de la forge
Silencieux à tes côtés,
Observent ta métamorphose,
Ton devenir diamant.


